Innover avec retard
J’ai déjà évoqué les majors de l’industrie du disque dont certaines
ne veulent pas ne parviennent pas à changer de modèle économique. Elles restent dans un modèle économique basé sur la reproduction d’objets (CD, DVD, …) au lieu d’adopter un modèle basé sur l’usage (et la location). Pourtant, cette industrie a su évoluer pour passer d’un modèle cassettes VHS vers DVD ou disques vinyl vers CD.
Le passage du vinyl au CD est un bon exemple de ce que l’industrie musicale est capable de réaliser. Elle a ainsi entièrement numérisé son catalogue et l’a re-vendu au prix fort et avec une qualité inférieure à ceux qui possédait déjà les versions vinyl. Il est évident que cette "prouesse" ne pourra être recommencée car dans l’ère du numérique, le support physique et la possession de l’objet disparaissent.
Pourtant, des voies existent, non exclusives, :
- Allécher le quidam avec des versions diffusées gratuitement mais avec une qualité moyenne (ce qui est déjà le cas avec la compression mp3) comme appat vers une version CD (ou autre format physique) d’une qualité parfaite et avec une documentation adéquate ;
- Signer un nombre plus important d’artistes, les faire connaître gratuitement et organiser des concerts. Ce peut être une bonne stratégie car la musique étant consommée partout, elle l’est nulle part. L’attrait du vivant, du "live", moments privilégiés, partagés les artites et d’autres personnes aux goûs proche n’en devient que plus évident. De multiples occasions de monétiser ces concerts se présentent : places, enregistrements de qualité revendues sur des plate-formes (qui n’a pas acheté l’enregistrement d’un concert tout en regrettant que cela ne soit pas celui auquel il a été ?), merchandising divers mais aussi exploitation des adresses email des participants, réseaux sociaux autour de l’artiste et de l’évènement, …
- Exploitation des réseaux sociaux créés autour des artistes, de leur musique, des évènements auxquels ils ont participé ;
Ces simples pistes illustrent le fait que des industries comme celles de l’information ou du cinéma ou du divertissement pourraient s’adapter au nouveau contexte économique. Mais elle ne le font pas car les décideurs ne comprennent pas ces contextes.





